C’est que du bonheur !

Qu’est-ce que je peux détester cette expression et encore plus depuis ma première grossesse où cette phrase devient un vrai leitmotiv à chaque personne à qui tu apprends la bonne nouvelle : « tu verras, c’est que du bonheur ! »
Mais qu’est-ce qui pousse les gens à dire une truc pareil ? On a tellement besoin de se raccrocher à ces chimères pour faire passer les mauvais moments ? Pour se réconforter qu’on a pris les bonnes décisions, que malgré les nombreux mauvais côtés, rien n’est plus beau que donner la vie ??
Mouais, permettez-moi de dire que je trouve ça super hypocrite voire même dangereux dans le cas de ceux qui ne seraient pas un minimum préparés à ce qui les attendent.

mauxdegrossesse

La grossesse est loin d’être un bonheur sans faille. On est d’accord que ce n’est pas une maladie non plus mais arrêtons de minimiser cet état. Ce n’est pas la panacée de devoir composer avec tous ces petits maux au quotidien et c’est plutôt gênant de ne pouvoir rien contrôler, ni son corps, ni ses émotions, ni même parfois sa vessie !
Parce que quoi qu’on en dise et quel que soit son seuil de tolérance face à tous ces changements, les « maux de la grossesse » ça pèse au quotidien. Les nausées, l’essoufflement, les douleurs pelviennes, les crampes, les hémorroïdes (bon appétit), les boutons d’acné comme à vos 14 ans, les gencives irritées, le mal de dos, les aigreurs d’estomac, les insomnies et j’en passe sont parfois le lot quotidien des femmes et que dire pour celles qui ont le combo gagnant et qui cumulent !
Mais comme chaque femme est différente, les maux varient aussi d’une femme à l’autre. Il y a les chanceuses qui n’auront rien de tout cela mais qu’on ne me la fasse pas trop longtemps, c’est un peu comme ces filles qui peuvent s’empiffrer de junk food et ne pas prendre de grammes, on sait toutes que ce sont des exceptions, des ovnis.
Alors pourquoi TOUTES les femmes s’accordent à te dire que ce n’est que du bonheur ?
Je peux largement comprendre que celles qui vivent un parcours difficile pour être enceinte, soient plus à même d’accepter toutes ces contraintes mais encore une fois, ce n’est pas la majorité !

Et ce laïus continue après la naissance, les suites de couches restent dans une nébuleuse, quand tu veux en savoir plus, ne compte pas trop sur les témoignages de tes proches. Et que dire de la période où tu es tellement crevée que tu ne sais même plus comment tu t’appelles, où tu pleures à la moindre contrariété et où tout le monde te fait comprendre que tu devrais être la plus épanouie possible dans ton nouveau rôle de maman !
Non, non et non, la grossesse et la maternité en général ne sont pas que du bonheur.

Attention, je ne suis pas aigrie pour autant, je sais apprécier les bons moments aussi.
J’ai par exemple besoin de ces 9 mois et de la transformation de mon corps pour comprendre que je porte la vie, ça fait partie de mon processus pour devenir mère.
Je reconnais que mes ongles et mes cheveux ne sont jamais aussi beaux que pendant cette période mais j’aimerais qu’on écoute un peu plus les femmes enceintes et qu’on arrive à dire que non la grossesse et l’arrivée d’un bébé n’est pas QUE du bonheur.
C’est du bonheur teinté de moments de doute, de découragement, d’abattement qui sont parfaitement naturels. Arrêtons de faire culpabiliser les femmes avec un discours policé et de leur faire croire qu’elles ne sont pas normales de ne pas être toujours transportées par cette nouvelle étape.

Bref, avoir un enfant et l’élever, c’est du bonheur mais pas que !

Fille ou garçon ?

C’est LA question qui arrive directement après l’annonce de la grossesse !
J’avoue que j’ai toujours voulu une fille, sûrement parce que j’ai une grande sœur et que j’ai été élevée dans un environnement essentiellement féminin (pardon papa mais tu ne faisais pas le poids avec 3 meufs à la maison !)

Quand j’ai appris que mon premier bébé serait un garçon, je n’ai pas été déçue, je m’y étais préparée, le fameux « une chance sur deux » mais j’étais surtout un peu décontenancée face à ce qui allait m’attendre.
En plus de devoir vivre les premiers moments avec un bébé, ce qui me terrifiait, j’allais devoir apprendre à faire avec un petit être différent de ce que j’ai toujours connu.

Bon en fait ces peurs sont tout aussi ridicules que celles d’être une mauvaise mère, de ne pas aimer son enfant, de ne pas survivre au manque de sommeil. A de rares exceptions, on s’en sort ! Quoique pour le manque de sommeil, faut pas trop me chercher les premiers mois, je mords facilement.

Bref, élever un garçon ne m’a finalement pas posé plus de problèmes que ça pour le moment, aucune question à laquelle je ne sais répondre. Certes, le décalottage n’est vraiment pas mon fort mais à renfort de conseils autour de moi et avec l’aide de super papa, on devrait s’en sortir !

Alors forcément, quand j’ai commencé à répandre la nouvelle que j’étais à nouveau enceinte, tout le monde m’a dit, ce serait bien d’avoir une petite fille, histoire d’avoir le « couple »…
Chacun y va de sa projection. Ma mère parce qu’elle n’a eu que des petits-fils, mon beau-père qui espère secrètement le modèle féminin, ma sœur et mes copines qui rêvent de se lancer dans l’achat de flots, robes et autres froufrous plus variés que pour les garçons il faut bien l’avouer !

De mon côté, bizarrement, même si l’idée d’avoir une fille ne m’a pas quittée, j’étais plus à l’aise avec l’idée d’avoir un garçon. C’est finalement de cette manière que je suis devenue mère et surtout où je me suis dit que je n’étais pas si mauvaise que ce que je prédisais. La peur du petit mec était affranchie et je me suis mise à me préparer à nouveau à être maman d’un petit garçon, consciente que j’allais faire de nombreux déçus.

Non mais n’importe quoi ! Comme si on pouvait choisir ce qu’on voulait par le simple fait de l’auto-persuasion…
C’est avec toutes ces certitudes qu’on s’est rendus à ma deuxième écho. Celle où tu redoutes qu’on te dise qu’il manque un bout de cerveau mais celle aussi qui te dit quel modèle tu es en train de couver.
De plus en plus de parents, ne veulent pas savoir ce qui se trame là dessous et je les comprends, la pression sociale et le manque de mystère autour de la grossesse sont tels que se ménager une surprise est forcément féérique.
Je plaide coupable pour cause de curiosité aigüe et j’avoue que j’ai bien fait parce que si vous aviez été dans la salle avec nous, vous auriez dû voir la tête que j’ai fait quand elle m’a annoncé la nouvelle, vous n’auriez pas compris.

Nous allons donc être parents d’une petite fille !

Oui, je peux le dire maintenant, je suis contente de savoir que cette dernière grossesse va équilibrer ma famille avec deux filles, deux garçons mais à l’annonce de la nouvelle, je m’étais tellement persuadée que je portais un garçon, que je suis restée un peu interdite.
Lâchant un simple « d’accord » et me plongeant dans tout un tas de réflexions débiles à ce propos, n’écoutant que d’une oreille le reste de l’examen.
Voilà j’avais réussi à me saborder ce moment ! Quel boulet.
Bien vite, j’ai repris mes esprits et j’ai commencé à me faire à l’idée que j’allais avoir une petite meuf !
Bien vite aussi, je me suis projetée à l’adolescence et j’ai commencé à regretter mon envie.
Souvent femme varie alors une femme enceinte, c’est pire !

Vouloir des enfants ?

La fille qui ne voulait pas d’enfants pendant plus de 15 ans, c’est moi !
Celle qui n’a jamais eu de feeling avec eux, voir qui en avait peur.
Celle qui ne se sentait pas capable d’éduquer qui que ce soit.
Celle qui visualisait la grossesse comme d’avoir un alien à l’intérieur de soi.
La meuf qui dit à sa mère qu’elle a intérêt à s’habituer à l’idée de ne pas être grand-mère, c’est encore moi.

On te regarde étonné, amusé et puis tout le monde te dit que tu changeras d’avis, que le temps fera son œuvre, que tu ne peux pas envisager ta vie sans enfants. Ca m’agaçait tout autant que ça m’intriguait de ne rien ressentir face à tout cela.

Et puis, je suis partie vivre en Australie pendant 6 mois et au hasard des rencontres, je me suis retrouvée en plein milieu de l’outback à m’occuper de 5 gamins de 3 à 10 ans. Autant dire que j’étais mal à l’aise, pas vraiment légitime dans ce rôle.
Finalement, après 6 semaines où aucun accident n’a été à déplorer (enfin à part un œil au beurre noir pour moi, administrée par une fillette de 5 ans !), je suis revenue de cette expérience avec une nouvelle assurance. Une petite voix intérieure qui me disait que j’étais capable de m’occuper d’un enfant malgré mes peurs.

Et surtout l’envie est apparue avec le compagnon idéal pour fonder une famille et on s’est lancés, un peu naïfs dans cette aventure.
Ma grossesse s’est déroulée avec beaucoup de petits maux mais sans vraiment de problèmes majeurs.


[Remarquez la sérénité d’une femme enceinte quand elle ne sait pas encore ce qui l’attend et que son périnée est encore intact !]

L’accouchement a été un vrai traumatisme pour moi (le récit de mon aventure ici, femmes enceintes s’abstenir !) et l’idée d’avoir un autre enfant s’est refermée sur elle-même.
La première année de mon petit garçon a consisté essentiellement à jongler entre le pédiatre tous les 15 jours (merci la collectivité), un travail très prenant et une fatigue nouvelle (adieu les grasses mat’ mais aussi les nuits d’une seule traite) qui a été une épreuve pour mon couple et pour toute ma vie en général.
Moi, qui était plutôt du genre spontanée et insouciante, j’ai connu les affres de l’organisation, de l’anticipation pour le moindre détail et j’ai bien intégré ce qu’implique d’avoir la responsabilité d’un petit être vivant. Avouons le, ma légèreté s’est un peu perdue en cours de route malgré les mises en garde de mon entourage.

Alors quand à peine accouchée, mes proches ont commencé à me parler d’un petit deuxième, j’ai tout rejeté en bloc. Riant aux éclats face à ce discours qui me paraissait aussi valable que de me couper un bras !
Et puis… Vous commencez à me connaître après ces quelques lignes, « y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis » devrait être ma devise !
Mon garçon a grandit, son indépendance me fascine, mon CDD s’est terminé (pour le commun des mortels, ce ne serait pas une bonne raison mais bon), le calme est presque revenu à la maison et mon petit cerveau a recommencé à réfléchir à cette histoire de famille. Parce que même si je n’avais jamais eu de désir d’enfants avant ma première grossesse, je me suis toujours dit qu’un enfant unique était incompatible avec ma vision de la famille idéale. Le partage est bien la première chose que je veux inculquer à mon gnôme et hors de question pour moi d’engendrer un enfant roi (bon, faudra quand même que j’arrête d’avoir des idées aussi arrêtées !)

Et voilà comment on s’est lancés.

Pour ma première grossesse, je suis tombée enceinte dès le premier mois pour notre plus grande joie mais aussi à notre plus grande surprise, ayant autour de nous des gens qui ont toujours un peu attendus pour obtenir le précieux résultat positif.
Cette fois, c’était sûr, on allait devoir patienter.
Sauf que c’était sans compter sur le fait que je suis la fille la plus fertile du monde. Je tombe enceinte dès qu’on me touche. En gros au 15e siècle, j’aurais été la fille morte en couches à 26 ans après sa 12ème grossesse !

Le test de grossesse sous les yeux, on n’en revenait pas.
J’ai mis quasiment 3 mois à m’y faire.
Et je peux vous le dire maintenant, je vais être à nouveau maman et j’en suis TRES heureuse !

Souhaitez-moi bonne chance quand même ^-^